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Fragile, At The Spirit of 66, Verviers, November 11th 2000

By Pierre Romainville (En Francais!)

 

 
Fragile on stage At The Spirit of 66 - Pictures by Pierre Romainville
 

 
 

You can read the literal English translation of Pierre's review and see some more of his great pictures from the night here.

"Yes est mon Mozart"

Comments: -D'abord est-il judicieux de jouer du YES, alors que YES est encore en activité ? -Comment peut-on jouer du YES sans Jon Anderson, dont le timbre de voix si particulier reste la « marque de fabrique » de le musique de YES ? -Oser se lancer sur des partitions aussi complexes que celles composées par des virtuoses comme ceux de YES, n'est-ce pas un challenge inaccessible pour des musiciens somme toute « amateurs », aussi doués soient-ils ? -Quel YES allaient-ils nous présenter, ces messieurs de Fragile, le YES de la grande époque, ou celui post-90125 qui par la faute d'un Trevor Rabin dont je n'ai jamais bien compris ce qu'il faisait là, allait tristement se laisser « métalliser » ? (Là, je m'implique déjà, je dois faire attention …) Autant dire que ce ne sont pas les questions existentielles qui manquaient, en arrivant ce soir dans notre temple favori. Avec toute la crainte souvent liée aux questions fondamentales. Peur d'être déçu, quoi, en clair ! A peine entré, je suis immédiatement rassuré par notre grand prêtre (j'ai nommé Francis) : « tu vas voir, y sont à la hauteur les mecs, le soundcheck était impressionnant … ! » m'affirme-t-il sans même que je lui demande. N'empêche, j'ai la crainte ….. j'avais été tellement transporté par le concert de ReGenesis ici même en septembre que ….. vous connaissez la fable : plus on tombe de haut plus on se fait mal ! En rejoignant mon perchoir momentané (je veux dire le balcon d'où je prends souvent quelques photos), je m'autorise à saluer le band en train de digérer le souper de Francis. Première impression positive qui laisse augurer de bonnes choses sur le type de musique choisie : ces types sont tout ce qu'il y a de plus charmant, souriant, agréable ; au point que je me fais présenter tout le groupe dans le plus pur style british. Eux qui viennent d' Angleterre sont ébahis par le fait que je me déplace de Namur ! ! Vraiment des gens bien élevés. J'ai donc compris quelle période de YES ils allaient nous faire ….. la bonne ! ! 22H30. Sans doute pour faire encore plus londonien, la machine à fumée de Francis crache un tel fog qu'on y voit plus le fond de la scène. Sûr qu'il n'y a pas de détecteur incendie au spirit ! ! Nous abordons les 2 seules minutes pompeuses de la soirée : du Stravinski sur une bande pendant que les musicos s'installent …. Bon. Passons. Ah non ! comme pompeux, il y a aussi l'indicatif de la « 20°century fox » que Francis nous passe chaque fois à la fin des concerts ! Ils commencent avec « Cinema ». Avouons-le tout de suite (le reste n'en sera que plus crédible), ma première impression est mitigée. D'abord c'est un morceau de 90125 …. (vous avez compris) … ensuite la voix de Steve Carney (le chanteur, donc) n'est pas encore bien posée. Me semble même qu'il doit brutalement descendre d'un octave à un moment … puis … dans la foulée … « Siberian Khatru » de « close to the edge ». Les premiers riffs de guitare, le clavier qui suit, la basse qui semble jouer autre chose, la batterie qui colle le tout, le petit rythme sautillant, et, et … grandioses …. Les chœurs ! ! ! ! Ca y est je fonds. Puis pour m'achever, la voix de Jon Anderson (euh … pardon, de Steve) qui décolle du chorus, comme irréelle …. Premier frisson, premier œil humide, je sais déjà que j'ai bien fait de venir. (et je me revois dans la chambre mansardée de mon beauf, en 1974, me demander quel allumé avec cette voix de P… euh d'efféminé avait pu composer un truc aussi farfelu. Aujourd'hui cette musique me fait pleurer de joie, et d'une joie qui ne doit rien à la nostagie, je vous le jure, qui doit juste à sa sensibilité totale, à la joie qu'elle transporte. Je vous ai un jour raconté que Genesis était mon Beethoven à moi ; Yes est mon Mozart. Pas de hiérarchie. Juste des moments où l'un s'applique mieux que l'autre. Aujourd'hui soir c'est Mozart. Fin de la parenthèse).

 

 

 

Steve Weaves His Magic!
 

The demonic Jon Bastable . . .

 

. . . and Robert hits the bullseye!

"La machine à remonter le temps est lancée" 

La machine à remonter le temps est lancée, et moi je descends de mon perchoir, pour suivre la « messe » de plus près. « All good people » (1971-YesAlbum) et « Tima and a word » (1970). Voilà bien deux pièces empreintes de gaieté . Les chœurs sont merveilleux et l'interprétation musicale parfaite. Ils poussent le détail à reproduire les sons originaux. Il commence à se dégager de la scène du spirit un impression incontrôlable de joie de vivre. Cette musique est tout sauf sombre. Et sa difficulté technique (faut les voir jouer ! !) n'empêche pas les musiciens de nous faire bien comprendre le plaisir qu'ils ont à être là, à nous la jouer, à nous la faire apprécier. Cette sensation ne fera d'ailleurs que s'accentuer au fil du concert, pour terminer dans une ambiance de potaches dans une cour de récréation. « Heart of the sunrise » de Fragile(1971). Un morceau crédité à Chris Squire et Bill Bruford pour son introduction rythmique impressionnante, puis à Jon Anderson pour sa partie chantée, d'une beauté mélodique à faire pleurer. (d'ailleurs …). C'est ici que la majesté vocale d'Anderson est fondamentale. Et Steve, maintenant, c'est vraiment Anderson réin-Carney. (celle-là, ça va être dur de la translate en English ….). Quelle pureté ! Tiens je ne leur ai pas demandé s'ils la jouaient dans le même ton que l'original, mais j'en ai bien l'impression. Ils sont formidables. Jon Bastable joue la basse comme si c'était simple (avec un son plutôt moins « lourd » que Chris Squire, ce qui n'est finalement pas pour me déplaire. En fait le bassiste dont le son se rapproche le plus du Squire d'alors, c'est Dave Meros, de Spock's Beard, vous savez la basse qui fait schpoïïïgg, merveilleuse d'ailleurs). Donc Jon, disais-je, joue avec un son plus « propre », épuré, et c'est normal puisque notre YES de ce soir possède 2 guitaristes (Robert Illes et Ton Dawe), ce qui facilite le « remplissage » du son global et rend possible certaines partitions infernales de Steve Howe. A ce propos, Robert Illes fait mouche à tous les coups, et dans tous les styles. Comme maître Howe, sa guitare sèche est déposée sur un chevalet, ce qui lui permet de la jouer sans devoir dépendre sa strato fender. Hé oui la musique de Yes est ainsi faite … ce serait plus simple de la jouer à 18 ! ! ! Mitch Harwood, à la batterie, joue plus dans le registre de Bruford que celui de White. Plus senti, coulé, sensible. Jamais de massacre. (mais pas Bruford avec ses stupides toms électroniques, hein, bien sûr, le vrai, quand il jouait sur des vraies peaux !). Très bien, donc. Ils annoncent « Owner of a lonely heart » de 90125(1983). Un mauvais moment à passer, me dis-je. Et bien non ! ! ! Alors que depuis le début, ils suivent scrupuleusement la partition d'origine, ici, Ô bonne surprise, ils nous font LEUR « owner » ! Sur un tempo beaucoup moins lourd, moins agressif, bien plus balançant ; avec au milieu un séduisant solo de guitare que n'aurait pas renié Mr SlowHand himself : quand je leur ai dit après qu'ils l' avaient joué « à la Clapton », ils n'ont pas nié … donc … ! Et bien c'est la plus belle version de « owner que j'ai entendue ». Voilà ! Respiration guitaristique avec Robert qui nous fait un simili-« mood for a day » (fragile-1971) amusant et démonstratif de sa technique. Et voilà qu'arrive sans doute le plus grand moment de la soirée : « Awaken » (going for the one-1977). Morceau cité par beaucoup comme le plus représentatif de YES. A juste titre. C'est d'une beauté indicible. Gonzalo Carreras aux claviers, jusqu'ici plutôt discret, entre véritablement en scène. Faut dire que c'est du tout tout tout grand Wakeman. Grand comme il ne l'a jamais été que lorsqu'il est transcendé par Anderson. Sacré Gonzalo, jamais avare d'un clin d'oeil ou d'un sourire. Le public est aux anges, vraiment, l'intensité est énorme. Simple regret : ils court-circuitent la finale pour fondre directement sur « And you and I » (close to the edge-1972). Morceau de bravoure pour le chanteur qui m'épate de plus en plus.

Fin de la première partie. Chope.

A Great Keyboard Player . . .
 

"Ils sont géants!" 

Francis, t'avais raison, ils sont géants ! ! Reprise. Qui va consister en un long medley, entrecoupé de solo comme le faisaient d'ailleurs leurs glorieux ainés. On y reconnaîtra : LongDistanceRunaroud / TheFish / GatesOfDelirium / Soon / Hearts / Revealing / Ritual / Yours is no disgrace. Tous les morceaux ne sont pas joués en entier, bien entendu, sinon on y serait encore, mais tous avec une égale qualité. Prenez ce que je vous ai raconté en première partie, rajoutez-y un surplus de bonne humeur, un zeste d' humour, un brin de folie (pas trop), et vous comprenez aussitôt l'état de grâce dans lequel est plongé le public. Vous ai-je dit qu'on était une bonne centaine ? Bon. C'est peu. Trop peu. Mais ne polémiquons pas, ça ne sert à rien visiblement de répéter toujours les mêmes choses … le paradis pour 450F, ça n'intéresse donc pas grand monde ! ? ! ? ! Et le son. Il devient un lieu commun de dire que le son du spirit est bon. Répétons-le quand même encore une fois. Le son du spirit est très bon. Et pas trop fort. Juste fort assez. C'est un plaisir de sortir d'un concert sans avoir les oreilles qui bourdonnent ; c'est un régal de pouvoir distinguer chaque instrument autrement que dans un magma immonde et agressif. C'est une joie de constater que cette musique n'a pas besoin d'une débauche hurlante de mégawatts pour imposer sa puissance au public. Comme le disait Steve, bravo à « Frennecisse Géronne » ! Que vous dire encore ? que plus avançait le show, plus s'imposait l'ami Gonzalo aux keyboards. Un grand claviériste celui-là , inversement proportionnel à sa taille ! Faut vous dire qu'il joua avec Galadriel, à l'époque, puis avec Oak…. Et pourtant quelle simplicité, quelle gentillesse. Ce sont d'ailleurs là des mots qui caractérisent le groupe en entier. Ce qui ne gâche rien. Pour couronner le tout pendant la présentation des musiciens, ils vont y aller chacun d'un petit « joke-solo » à leur façon : du Jethro Tull pour Robert, du Genesis (cinema show) pour Gonzalo, Eric Burdon pour Mitch (normal, il a joué 4 ans avec …), du LedZep pour Ton (déchaîné !), du Squire pour Jon, et du Genesis(Dancing with ..) pour Steve. Ces messieurs ont des lettres ! ! Rappels (nous n'avons pas dû les forcer beaucoup) : « Starship trooper » et « Roundabout » , magnifiques, avant d'en terminer avec un majestueux et prenant duo claviers-voix « the meeting » tiré de l'album ABWH de 1989. Si on revenait à mes questions du début ? OUI il FAUT jouer ce YES-là, comme on joue encore du Mozart ! OUI elle peut être jouée sans Jon Anderson, puisque Steve était là ! OUI il est possible de jouer ces partitions impressionnantes, ils l'ont prouvé ! OUI ils ont fait la play-list qu'il fallait, les morceaux qui resteront à la postérité, ceux par lesquels YES aura définitivement marqué l'histoire de la musique. Nous les quittons à regret après force congratulations et embrassades, mais bon, il est presque 3H du mat … Bonne nouvelle : ils ont promis de revenir. Et ils ont même promis, (surtout à Jean-Marc qui était au bord de l'apoplexie) de, cette fois, jouer l'intégralité d' « Awaken ». Si c'était un truc pour nous faire revenir, c'était pas nécessaire : nous, c'est quand ils veulent, nous serons là ! ! N' hésitez pas à les contacter via leur site internet : je suis sûr qu'ils seront sensibles à vos encouragements, et (intéressé que je suis !) qu'ils reviendront plus vite encore ! ! !

 

Pierre Romainville

Mitch on drums . . .

. . . and we're not sure what Tom's on!

You can't see them but the band tell me that the audience were a big part of the show too!
 
 
 

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